Qui doit déclarer la taxe de séjour de vos locations ?
Quand la réservation passe par Airbnb, Booking ou Abritel, la plateforme collecte et reverse la taxe de séjour : rien à déclarer pour ces nuitées. Sur les réservations directes, la déclaration et le reversement restent à faire, au réel comme au forfait, avec un intérêt de retard de 0,20% par mois et des amendes de 750 € à 2 500 € en cas de manquement. Les chiffres DELTA et REI 2025 de la DGFiP pour cadrer vos mandats.
Quand une réservation passe par Airbnb, Booking ou Abritel, la plateforme collecte la taxe de séjour sur le voyageur et la reverse à la collectivité. Pour ces nuitées, il n’y a rien à déclarer. Votre conciergerie ne déclare et ne reverse que ce qui échappe aux plateformes, en premier lieu les réservations directes, dans les délais fixés par la délibération de la commune, sous peine d’un intérêt de retard de 0,20% par mois et d’amendes de 750 € à 2 500 € (DGFiP, guide pratique des taxes de séjour, mai 2019).
La frontière se trace au canal de paiement. Tant que le client vous règle directement, vous êtes celui qui perçoit, donc celui qui déclare. La plupart des mandats n’en parlent pas, et c’est le premier contentieux de la courte durée.
Qui collecte et déclare quand la plateforme encaisse ?
Depuis le 1er janvier 2019, les opérateurs numériques qui servent d’intermédiaires de paiement pour le compte de loueurs collectent la taxe de séjour à la place des hébergeurs (DGFiP, guide pratique des taxes de séjour, mai 2019). La règle couvre d’abord les logements sans classement, taxés au taux proportionnel depuis la même date. Un logement classé passe, lui, par le tarif par personne voté par la commune.
Sur les 31 041 communes que le fichier DELTA de la DGFiP recense au total, 10 908 portent une délibération applicable en 2026 (décompte du 14 septembre 2026). Seules ces communes-là peuvent vous demander de déclarer. Quand le paiement ne passe pas par une plateforme, la collecte revient au loueur, la conciergerie agit pour son compte.
Le régime réel et le forfait changent-ils la déclaration ?
Oui, et c’est la première chose à lire dans la délibération. Au réel, vous collectez la taxe par voyageur et par nuitée, puis vous versez le montant au comptable public aux dates fixées par le conseil municipal (entreprendre.service-public.fr, fiche F743, vérifiée le 1er janvier 2026). Au forfait, vous déclarez à la mairie au plus tard un mois avant le début de la période d’application, sur la base de la capacité d’accueil du bien, puis vous versez le montant forfaitisé.
Le sort du forfait se joue un mois avant la saison, le réel se joue après chaque séjour, les deux ne se planifient pas au même endroit du calendrier.
Côté tarifs, le barème 2026 plafonne les meublés classés entre 0,20 € et 3,60 € par personne et par nuit selon le classement, et les hébergements non classés supportent un taux de 1% à 5% du prix de la nuitée par personne, dans la limite du tarif le plus élevé de la commune (economie.gouv.fr, barème de la taxe de séjour 2026, et guide pratique DGFiP). Le régime voté figure dans DELTA à côté du tarif.
Que reste-t-il à déclarer quand la plateforme collecte ?
Les nuitées réservées et payées sur la plateforme sont couvertes par sa collecte. Un détail reste à vérifier : la ligne « taxe de séjour » doit apparaître sur la facture du voyageur. Si elle manque, la collecte n’a pas eu lieu, et la taxe reste à percevoir et à reverser par vos soins.
Le différentiel est le deuxième point de vigilance. La plateforme applique le tarif qu’elle connaît du bien, le plus souvent celui des logements non classés. Un bien classé dans une commune au tarif élevé peut laisser un écart entre ce que la plateforme a collecté et ce que la délibération prévoit. Le loueur ou sa conciergerie assume la différence.
Depuis le 26 juin 2024, les plateformes peuvent déposer une déclaration unique couvrant tout le territoire national auprès de la DGFiP, au lieu de déclarer auprès de chaque commune (décret n° 2024-612 du 26 juin 2024). Le dispositif s’appuie sur FARITAS, l’outil de la DGFiP, et ne change rien pour vous : la dispense des nuitées de plateforme existait déjà avant ce décret.
Quels délais et quelles sanctions en cas de retard ?
Le calendrier se lit dans la délibération, qui fixe les dates de versement. Les collectivités, elles, saisissent leur délibération dans DELTA avant le 15 septembre de l’année précédente (arrêté du 6 décembre 2023). À Paris et dans certaines communes d’Île-de-France, la déclaration est mensuelle et le paiement trimestriel depuis le 1er avril 2025, via le portail taxedesejour.paris.fr (economie.gouv.fr, 15 janvier 2026).
Tout retard de versement court un intérêt de 0,20% par mois, appliqué depuis le 1er janvier 2019, contre 0,75% avant cette date (DGFiP, guide pratique des taxes de séjour, mai 2019). L’absence de perception, le défaut de déclaration ou l’absence de reversement sont punis d’amendes de 750 € à 2 500 € selon les cas, prévues par l’article 162 de la loi de finances pour 2019. Après mise en demeure sans régularisation, la collectivité peut engager une taxation d’office, notifiée au moins 30 jours avant la mise en recouvrement (economie.gouv.fr). Collecter sans déclarer coûte cher.
Que reste-t-il au propriétaire en plus de la taxe de séjour ?
Une taxe de séjour parfaitement déclarée ne change rien à la taxe d’habitation que le propriétaire paie sur sa résidence secondaire. Cette charge annuelle reste due, même quand la plateforme reverse au centime près, et le fichier REI 2025 de la DGFiP la chiffre commune par commune, de 1 801 € de moyenne à Megève à 712 € à Chamonix-Mont-Blanc (REI 2025, DGFiP).
Votre déclaration suit le voyageur. La taxe d’habitation, elle, suit le propriétaire, et une prévision de revenus nets qui l’ignore promet un montant que l’avis d’imposition démentira en novembre. Notre article sur la taxe d’habitation des résidences secondaires explique la lecture du REI 2025 et la surtaxe votée par les communes.
Comment ranger la déclaration dans vos mandats ?
Écrivez noir sur blanc qui est préposé à la collecte. Le mandat désigne la plateforme pour les nuitées qu’elle encaisse, votre conciergerie pour les réservations directes, et règle le sort du différentiel éventuel. Un mandat qui ne dit pas qui déclare laisse le risque au propriétaire, et c’est lui que l’amende atteint en premier.
Le registre des nuitées allège la déclaration : date, nombre de voyageurs, montant perçu, et les exonérations appliquées (mineurs, saisonniers employés dans la commune, personnes en hébergement d’urgence, locaux sous le loyer plancher). Vérifiez la délibération dans DELTA au moment de signer, et faites apparaître la taxe comme un poste distinct dans le relevé mensuel, entre le brut et la commission. Le propriétaire y voit ce qui revient à la commune et ce qui lui revient, et la confiance tient à cette colonne.
Pour aller plus loin
- Les montants par commune, classés et non classés : combien de taxe de séjour collecter par nuitée.
- La taxe de séjour comme argument de mandat : le service que vos propriétaires vous confieront sans savoir le nommer.
- Les données officielles de votre zone : le hub des pages locales.
Sources
- DGFiP, guide pratique « Taxes de séjour », édition de mai 2019 : collecte par les plateformes intermédiaires de paiement, intérêt de retard de 0,20% par mois depuis le 1er janvier 2019, amendes de 750 € à 2 500 € : impots.gouv.fr
- DGFiP, application DELTA, fichier des délibérations de taxe de séjour : 31 041 communes au total, 10 908 avec une délibération 2026, décompte du 14 septembre 2026 : data.gouv.fr
- entreprendre.service-public.fr, fiche F743 « Taxe de séjour sur les hébergements touristiques », vérifiée le 1er janvier 2026 : déclaration au réel et au forfait : service-public.gouv.fr
- economie.gouv.fr, « Taxe de séjour : quelles sont les obligations des hébergeurs ? », 15 janvier 2026 : barème 2026, déclaration unique des plateformes, taxation d’office, portail taxedesejour.paris.fr : economie.gouv.fr
- Décret n° 2024-612 du 26 juin 2024, déclaration unique des plateformes : legifrance.gouv.fr
- DGFiP, fichier REI 2025, moyennes communales de taxe d’habitation des résidences secondaires : impots.gouv.fr
- Arrêté du 6 décembre 2023, transmission des délibérations via DELTA avant le 15 septembre : legifrance.gouv.fr
Dernière revue : 21 septembre 2026. Les montants cités proviennent de l’application DELTA (DGFiP, décompte du 14 septembre 2026) et du fichier REI 2025. Les règles de déclaration viennent des fiches officielles de service-public, d’economie.gouv.fr et du guide pratique des taxes de séjour. Une commune peut changer de délibération chaque année : vérifiez la vôtre avant chaque saison. Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil fiscal.